C'est en gros le message qu'a lancé son chef, Jean-Martin Aussant, à ses militants, lors de son passage à Amos, les 27 et 28 juillet. Militants qui seront directement mis à contribution, puisque le jeune parti fondé en février jouira de moyens très modestes.
«On n'aura pas les millions de dollars que les deux partis qui alternent au pouvoir depuis 40 ans, le PQ et les libéraux, ont. Ils ont les coffres bien garnis et ils vont s'en servir. Mais nous, on a une force qu'ils n'ont pas et c'est des gens comme vous. La vigueur de nos militants est vraiment plus évidente que dans tous les autres partis. La vraie politique, ça se fait en parlant aux gens. Ce n'est pas juste de mettre une photo dans le Journal de Montréal avec un message pour dire que l'autre n'est pas bon», a notamment déclaré M. Aussant, en ouverture de l'assemblée générale de fondation de l'exécutif régional de son parti, le 28 juillet.
Ce dernier se fixe aussi un objectif assez modeste si l'élection était déclenchée à très court terme. «Un objectif très concret pour nous, ce serait vraiment de garder un comté. Nous avons un représentant à l'Assemblée nationale et c'est moi. Si on pouvait garder mon siège de Nicolet-Bécancour, ce serait un immense plus. Ça et faire des progrès partout au Québec en se faisant connaître, ce serait déjà une élection parfaitement réussie pour nous. Nous sommes en bonne voie d'avoir des candidats dans presque toutes les circonscriptions du Québec, ce qui est un exploit pour un parti qui a moins de 8 mois d'existence», a-t-il affirmé avec fierté.
Un parti nécessaire
Jean-Martin Aussant est aussi revenu sur l'importance de son parti dans le paysage politique québécois. «L'essentiel de notre plateforme, c'est la souveraineté du Québec. L'article 1 est très clair, c'est de faire du Québec un pays. On a repris en ce sens-là le rôle que le Parti québécois a abandonné. C'est devenu une machine à reprendre le pouvoir. Ils sont peut-être aussi souverainistes que nous sur le plan individuel, mais l'institution du PQ est devenue une machine politique professionnelle», a-t-il déploré.
«Et c'est pour ça qu’Option nationale est nécessaire, a-t-il poursuivi. Pour redonner aux Québécois le choix d'un nouveau parti qui veut que le Québec devienne un pays et qui le dit clairement dans sa plateforme. Ce qui n'est plus le cas au PQ, où l'on parle plutôt d'un moment opportun, qui pourrait nous mener dans 10 ou 20 ans. Son programme dit: si ça adonne, on la fera. Ce n'est plus ce que j'appelle un parti vraiment indépendantiste ou souverainiste.»
La souveraineté dans toutes ses formes
Le programme d'Option nationale propose d'ailleurs que le Québec soit souverain dans toutes ses facettes. Il est question d'indépendance énergétique, d'une Banque du Québec, de la création de Pharma-Québec, la nationalisation des ressources naturelles et de souveraineté alimentaire. Le parti propose même de déclarer tout ce qui est agricole comme patrimoine national.
«Les Québécois qui connaissent notre plateforme l'aiment, et ils embarquent. Sauf que le grand défi, c'est que la plupart des Québécois ne savent pas qu'on existe encore. Ou ils ont entendu le nom, mais ne savent pas trop à quoi ça correspond. Le défi dans cette campagne-là, ça va être de faire connaître Option national pour avoir des résultats encore meilleurs dans l'élection qui suivra. C'est vraiment un projet de longue haleine de fonder un parti», a réitéré Jean-Martin Aussant.
«Quels que soient les résultats de cette élection, et moi je pense qu'ils seront surprenants du bon côté pour nous, il faut continuer avec ce projet-là parce que le Québec doit devenir un pays. C'est la seule conclusion historique du peuple québécois, de devenir une nation qui se contrôle elle-même, qui décide de son propre destin», a conclu le chef d'Option nationale.

