«Avec une telle majorité, dans une bataille à cinq candidats, ça signifie qu'il y a une direction assez claire ici. Les gens veulent que je continue de les représenter. C'est ce que je vais faire du mieux possible, avec mes forces et mes faiblesses. Je ne suis pas parfait, je le sais, mais j'en gagne plus que j'en perds. On va être très présents sur les dossiers d'actualité qui vous touchent», a-t-il notamment déclaré aux militants réunis dans son local électoral, après que TVA et RDI l'eussent coup sur coup déclaré gagnant, un peu avant 21h.
En poste depuis bientôt 36 ans, le doyen de l'Assemblée nationale s'est dit particulièrement emballé et stimulé par les résultats et a remercié son équipe et ses électeurs. «Tout au long de cette campagne, j'ai senti votre affection et votre fidélité, autant à la cause, au programme, à la chef qu'au candidat. J'aime ce monde-là et ils me le rendent bien. J'ai une relation affective. Je pense que quand on réussit à avoir cette relation avec son électorat, ça donne des résultats comme ce soir: être élu pour une dixième fois dans la même circonscription, quand on sait qu'on voulait du changement, et c'est légitime, et quand on sait qu'il y avait cinq candidats», a-t-il déclaré, avant de féliciter ceux-ci pour avoir défendu leurs idées et contribué à la santé démocratique.
Le PQ, vecteur de changement
M. Gendron estime que le Parti québécois incarnera le changement souhaité par la population.
«On sent qu'il y avait de la mouvance pour du changement. Mais ça veut beaucoup plus dire au niveau des idées, et pas nécessairement des personnes. Je connais des personnes qui sont jeunes, mais avec de vieilles idées. Mais il y aussi l'inverse, des personnes qui ont de l'âge et de l'expérience, mais qui sont jeunes de dynamisme et d'idées et qui veulent faire du changement. C'est un peu à ça qu'on assiste», a-t-il estimé.
Il préférerait un ministère
Interrogé à savoir quel rôle il entendait jouer au sein du nouveau gouvernement que formera le Parti québécois, François Gendron a réitéré qu'il s'en remettra à la décision de Pauline Marois, mais il a admis qu'il préférerait un portefeuille à la présidence de l'Assemblée nationale.
«Tout au long de cette campagne, j'ai senti votre affection et votre fidélité, autant à la cause, au programme, à la chef qu'au candidat» - François Gendron
«Mon rôle? Je vais servir. Je suis en politique pour servir. Si le chef me dit de faire A, je vais faire A. S'il me dit B, je vais faire B. J'ai juste eu la franchise de dire que si le peuple nous donne les commandes, la gestion de l'État, j'aimerais jouer sur la patinoire politique (avoir un ministère). Mais je vais toujours respecter la décision de Mme Marois», a-t-il répondu.
Le record à portée de main
Cette réélection signifie aussi que le record du plus long mandat à l'Assemblée nationale détenu par Gérard D. Lévesque de 37 ans et 5 mois est à la portée de M. Gendron.
«On ne va pas en politique pour battre des records. Maintenant, il y a des situations où ça arrive et je ne serai pas déçu si j'y parviens. C'est un beau fleuron pour l'Abitibi et pour mes électeurs», a-t-il simplement commenté.

