C'est en effet ce qui ressort des prises de position publiques de la Chambre de commerce d'Amos-région, du comité Énergie Famille de Québec en forme et du comité Vélo MRC Abitibi.
Les commerçants sont clairs à l'effet que le sacrifice de 118 cases de stationnement au centre-ville est beaucoup trop demandé, surtout avec des projets comme ceux de Royal Nickel à Launay qui sont en voie de se concrétiser. Dans un mémoire déposé à la Ville, la Chambre affirme qu'il faudrait plutôt envisager d'en ajouter. Elle recommande donc le maintien des stationnements à 45 degrés des deux côtés de la rue et propose que la Ville achète les terrains vagues pour les convertir en stationnements. Elle se dit prête à sacrifier certaines cases pour des aménagements, sans plus.
Un avis que partagent les deux autres organismes. «D'ailleurs, dans la lettre d'appui que l'on fait circuler, on précise qu'il faut revoir toute la question du stationnement au centre-ville pour permettre l'aménagement de voies cyclables. On ne veut pas pénaliser l'accès aux commerces. On croit que les rues se trouvant aux abords de la 1re Avenue pourraient accueillir plus de stationnements», explique Jean-Charles Perron, professeur à l'UQAT qui siège sur les deux organismes.
Non à la piste cyclable
Toutefois, là où les positions semblent plus difficilement conciliables, c'est au niveau de l'endroit où pourront circuler les cyclistes. La Chambre est formelle: la piste cyclable doit contourner la 1re Avenue, contrairement au modèle proposé par la firme AECOM, lors des séances d'information du 23 avril. Elle propose plutôt de faire passer les vélos par la 3e Avenue dans la portion comprise entre la 4e Rue Est et la rue Mercier. La 2e Avenue pourrait pour sa part offrir des stationnements à 45 degrés.
M. Perron croit que l'idéal serait d'aménager des voies cyclables directement sur la 1re Avenue, afin de rendre cette artère plus facilement accessible à vélo et en patins à roues alignées.
«Il y a des gens qui vont déjà au centre-ville à pied et en vélo, mais on est persuadé qu'il y en aurait davantage qui le feraient s'ils pouvaient le faire de façon sécuritaire. On veut un accès plus sécuritaire pour les familles. On croit aussi qu'il faut adapter les infrastructures à ce qui s'en vient, surtout si on fait ces travaux pour les 30 ou 50 prochaines années», fait-il valoir, en ajoutant qu'il faut des infrastructures adéquates pour mettre les gens en mouvement.
En mode solution
Mais il n'est pas totalement contre l'idée de contourner la 1re Avenue, si des accès sécuritaires vers celle-ci sont aménagés, avec des aires de repos et pour stationner les vélos.
«On n'est pas en opposition contre les commerçants. On croit qu'il faut se mettre en mode solution. Le projet avancé par la Ville fait réfléchir les gens. Il faut y penser collectivement. Il existe des solutions et nous sommes convaincus que nous pouvons les trouver», affirme Jean-Charles Perron.
Des travaux qui inquiètent
La Chambre de commerce précise aussi qu'elle est ouverte au dialogue au cours des prochaines étapes du projet. «Bien que la rencontre portait sur le volet design de la 1re Avenue, les commerçants nous ont fait savoir qu’ils appréhendent tous la période critique des travaux de réfection, qui s’échelonnera sur plusieurs mois et qui aura un impact significatif sur leurs clientèles et leurs chiffres d’affaires. Nous avons réitéré notre vif intérêt pour cet enjeu et nous entendons mener d’autres rencontres de consultation afin de minimiser les impacts des travaux sur les commerces», souligne le président Donald Blanchet, dans un communiqué.
Vous pouvez consulter la lettre d'appui que font circuler les promoteurs du transport actif.
Le mémoire de la Chambre de commerce d'Amos-région peut être consulté directement sur le site internet de l'organisme.

