Estimant ce règlement absurde et faisant valoir des droits acquis de longue date, Mario et Jean-Paul Rouillard, qui opèrent la ferme Rouillard depuis une vingtaine d’années, ont entrepris, le 10 mai, de contester les amendes à la Cour municipale de Val-d’Or.
«Notre ferme est la seule ferme laitière de Rivière-Héva. Ça fait depuis 1939 qu’elle existe. Nos terres s’étendent sur 2,5 km de chaque bord de la rue du Quai (ancien Rang 8). Mais pour partir de l’étable et conduire nos 75 bêtes aux champs, on n’a pas le choix de passer par le chemin. Ça n’avait jamais dérangé personne, mais en 2009, plusieurs nouveaux voisins ont déposé une pétition au conseil municipal lui demandant d’asphalter le rang afin de faciliter le ramassage des excréments. Et c’est là que tout a dérapé», a raconté Mario Rouillard.
Pas d’autre alternative
Selon M. Rouillard, la municipalité de Rivière-Héva a plutôt choisi d’interdire le passage des vaches le long du chemin, autorisant seulement les bêtes à traverser le chemin de façon perpendiculaire. Or, Mario Rouillard soutient que cela lui est impossible.
«Notre point d’accès actuel est le seul envisageable, a-t-il fait valoir. Juste en face de l’étable, c’est un terrain inondable. Notre vétérinaire nous a d’ailleurs fortement déconseillé de faire patauger les vaches dans la boue, car c’est mauvais pour leurs membres et leur pis. Plus loin, il y a trop de ruisseaux. De plus, les gens du ministère de l’Environnement nous ont dit que ce n’était pas possible d’y aménager un passage.»
«Notre point d’accès actuel est le seul envisageable» - Mario Rouillard
Une voie pour les vaches
Afin de dénouer l’impasse, les Rouillard ont proposé au conseil municipal d’élargir la rue du Quai de façon à y aménager une voie pour leurs vaches, mais sans succès. Après avoir accumulé plus de 7000 $ en amendes, à coups de 500 $ chaque fois qu’un inspecteur remarque la présence de bêtes ou d’excréments sur le chemin, ils ont donc décidé de recourir aux tribunaux. Ils doivent revenir en cour le 21 juin.
«Le refus de la municipalité est d’autant plus bizarre que, le 15 mai, un groupe de citoyens du secteur a déposé une nouvelle pétition lui demandant d’annuler le règlement, reconnaissant qu’on fait partie intégrante du paysage», a indiqué Mario Rouillard.
Lisez la réplique du maire Réjean Guay ici.

