Cet hiver, le citoyen a reçu une mise en demeure de la municipalité. Si la maison du quartier déclaré site historique en 1979 ne se refait pas une beauté d’ici la fin juin, M. Leclerc se retrouvera devant les tribunaux, où un juge tranchera.
«Ma maison date de 1936. Je l’ai achetée en 1995. Tout l’intérieur avait été refait à neuf. Lorsque nous avons appliqué de la teinture, nous nous sommes aperçus que les billes de bois étaient pourries, à cause de la présence de ciment, qui ne laisse pas échapper l’humidité. Selon des gens ici depuis les débuts, l’ancienne mine réparait les maisons de cette façon», raconte Luc Leclerc.
Absence d’entrepreneurs qualifiés?Selon lui, il fait des démarches depuis 10 ans pour trouver un entrepreneur afin de rénover sa maison dans les normes établies par le ministère de la Culture, puisqu’il s’agit d’un site patrimonial.
«Lorsque les travaux de construction dépassent 20 000 $, selon la Régie du bâtiment, la personne doit posséder ses licences. La Ville dit que je ne collabore pas, mais chaque fois que j’appelle un entrepreneur, il me dit qu’il n’a pas les cartes et que la maison est en fin de vie», mentionne Luc Leclerc.
Pour ce dernier, pas question de tout démolir et rebâtir au complet. «C’est bien beau de réparer la maison, mais à quel prix? Personne n’arrive à estimer les coûts du projet, car on ne sait pas ce qui se trouve en dessous des billes de bois. Pour rénover, il faut enlever les quatre murs en même temps, ça augmente les frais. Je suis prêt à aller à 40 000 $, mais si ça devient 80 000 $ au bout du compte, ce n’est pas tout à fait le même budget. Même si on est subventionnés à environ 40 pour cent, c’est beaucoup d’argent. Quand on vient vivre ici, ce n’est pas parce qu’on est riches», fait valoir M. Leclerc.
AlternativesMême s’il adore le quartier, le citoyen n’hésitera pas à s’en aller si cette option demeure la seule avenue. Il espère toutefois obtenir la clémence de la Cour.
«On a proposé des alternatives, comme installer des imitations ou d’autres sortes de billes de bois ou démolir la maison et vendre le terrain pour que quelqu’un refasse le tout à neuf, mais la Ville refuse. Ma maison est de catégorie C et je dois la maintenir comme cela, sans dérogation», se désole Luc Leclerc.
Celui-ci se tournera vers son dernier recours. «Je vais aller débattre ma situation en Cour, sans avocat. J’ai de bons arguments, estime celui qui affirme bien entretenir ses affaires. Mais je trouve dommage que la Ville nous abandonne. Au lieu de discuter, elle nous amène en Cour.»
Pas du ressors de la VilleDu côté de la municipalité, on affirme que les maisons de ce site patrimonial sont gérées par le ministère de la Culture. «La Ville n’a pas d’obligations envers les citoyens, qui payent d’ailleurs moitié moins cher de taxes. Ils doivent maintenir les maisons dans leur intégralité et respecter les matériaux établis par le Ministère, indique Guy Faucher, directeur général de la Ville de Val-d’Or.
«Les gens oublient qu’ils vivent sur un site patrimonial. Ils ont des obligations. Et la personne ne peut démolir et vendre juste le terrain. À l’époque, la mine a construit des maisons, pas juste mis en place des terrains», rappelle M. Faucher.

