St-Dominique veut déménager son pont couvert

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Martin Guindon
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Il serait converti en centre d’interprétation

Le comité du pont couvert Alphonse-Normandin de St-Dominique-du-Rosaire aimerait relocaliser celui-ci au parc municipal Amédée-Dionne pour le convertir en centre d’interprétation sur les ponts couverts. Une idée qui ne plaît toutefois pas aux défenseurs du patrimoine.

France et Pierre Galarneau, devant le pont couvert Alphonse-Normandin, dont la peinture n’a pas été rafraîchie depuis 1983. (Photo: Martin Guindon)

Le projet en est à ses premiers balbutiements. Répondant à l’invitation du directeur territorial du ministère des Transports (MTQ), Yves Coutu, le comité lui a soumis trois propositions, le 28 juin dernier. La capacité du pont, qui permet au chemin Lavoie Ouest d’enjamber la rivière Davy, est limitée à 8 tonnes et a besoin d’importants travaux de restauration qui n’augmenteraient sa capacité portante qu’à 10 tonnes.

«C’est un problème pour nous, parce que nous sommes les seuls résidents enclavés de l’autre côté du pont. Même à 10 tonnes, le camion de vidange, le livreur d’huile, les pompiers et les équipements de déneigement ne peuvent passer», explique Pierre Galarneau.

Lui et sa conjointe, France, refusent d’abandonner leur maison et leurs terres. Ils voient d’un bon œil ce projet de centre d’interprétation. «Ce serait un bel attrait touristique pour la municipalité et ça permettrait de mieux faire connaître l’histoire des ponts couverts», précise France Galarneau.

Prêt à l’étudier

Des trois propositions soumises à la direction territoriale du MTQ, c’est celle de la relocalisation du pont couvert au village, avec la construction d’un nouveau pont de remplacement en acier-bois, qui semble avoir retenu le plus l’attention. Le comité suggérait aussi l’aménagement d’un chemin de détour et la construction d’un nouveau pont acier-bois en déplaçant le pont couvert un peu plus loin sur la rivière.

«C’est une avenue que l’on peut regarder. Il n’y a rien à cet effet dans les orientations du ministère. On a invité les gens à nous présenter une demande en bonne et due forme. La direction des structures, à Québec, devra prendre position. On ne cherche aucunement à se départir du pont couvert, au contraire, il est de notre responsabilité de le restaurer et de l’entretenir. Il ne figure tout simplement pas dans nos priorités pour le moment», confie Luc Adam, porte-parole régional du MTQ.

Déraciner un pont

L’idée est toutefois loin de plaire à un ardent défenseur du patrimoine des ponts couverts, Gérald Arbour. «Ce n’est vraiment pas à ça que ça sert, dénonce-t-il d’entrée de jeu. Pourquoi on n’exproprie pas simplement le dernier résident? Ou qu’on ne déplace pas le pont couvert sur la rivière pour en construire un nouveau?

«On va sacrifier un bien commun qui a servi à beaucoup de gens pour en faire un centre d’interprétation hors de son contexte, et dont la viabilité est loin d’être assurée? On ne peut pas déraciner ainsi un pont qui est encore fonctionnel. C’est insensé», a-t-il renchéri.

Le pont couvert Alphonse-Normandin mesure plus de 129 pieds et a été construit en 1950.

Organisations: MTQ, Ministère des Transports

Lieux géographiques: Chemin Lavoie Ouest, Rivière Davy, Québec Alphonse-Normandin

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