C'est en effet ce qui ressort des prévisions budgétaires adoptées le 20 décembre par le conseil municipal. La municipalité d'un peu plus de 1000 âmes voit son budget bondir de 50 pour cent, passant de 985 000 $ à 1 474 837 $.
Le taux de la taxe foncière générale fait donc un bond impressionnant de 0,47 $ pour atteindre 2,16 $ du 100 $ d'évaluation. En plus, les propriétaires résidentiels doivent essuyer une hausse moyenne de leur évaluation foncière de 45 pour cent.
C'est donc dire qu'une résidence unifamiliale évaluée à 62 945 $ en 2011 vaudra 91 270 $ en 2012. Les deux hausses combinées font exploser la part des taxes foncières pour son propriétaire de 1063,77 $ à 1971,43 $. Les tarifications pour l'eau et pour les eaux usées pour les résidents desservis demeurent inchangées.
Pas d'autres choix
«Il n'y a pas un maire au monde qui souhaite présenter un budget comme ça. On l'a regardé de tous les bords. Il n'y a pas moyen d'éviter ça. Je trouve ça triste ce qui arrive. Je compatis beaucoup avec mon monde. C'est affreux. J'aurais aimé mieux que ça arrive à un autre maire. Mais je dois assumer mes responsabilités. La bonne nouvelle, c'est qu'on recommence à bouger. On rembourse nos dettes et on peut à nouveau emprunter. Nous étions paralysés depuis deux ans parce qu'on ne savait pas ce qui nous pendait au bout du nez», a indiqué François Lemieux, qui est en poste depuis 27 ans.
Une importante part de cette hausse est attribuable à tout l'imbroglio entourant le projet d'assainissement des eaux usées, qui fait doubler le service de la dette (333 000 $ vs 161 000 $). Les travaux débutés en 2009 sont arrêtés depuis deux ans et entraînent beaucoup de coûts à la municipalité, qui estime assumer beaucoup plus que sa part dans ce dossier.
46 pour cent de la facture
En effet, si elle devait au départ payer 400 000 $ sur un projet évalué à 5,2 M $, elle se retrouve présentement à assumer près de 1,9 M $ pour la première phase qui représente finalement un investissement de 4,5 M $, dont le gouvernement ne reconnaît que 4 M $. Landrienne assume donc 46 pour cent de la facture, ce qui est énorme pour une municipalité de sa taille.
«On sort d'une rencontre positive avec le ministre régional Pierre Corbeil. On n'a jamais lésiné dans ce dossier. On a toujours rapidement répondu à ce qu'on nous demandait. On ne croit pas devoir assumer les délais de deux ans dont ils sont en grande partie responsables, en raison de leur enquête et des changements de chargés de projets. Le ministre Lessard n'a confirmé le montant de son aide (2,6 M $) que le 14 novembre. On veut bien prendre notre part de responsabilités, mais ils doivent assumer la leur. On a un montant de 459 000 $ en suspens en ce moment, pour lequel on ne s'entend pas sur le partage», précise le maire Lemieux, qui a bon espoir de trouver un terrain d'entente en 2012.
Sa part de blâme
Mais François Lemieux refuse de faire porter tout le blâme sur le gouvernement et les fonctionnaires pour cette hausse salée des taxes
«Il y a quand même une partie qui nous revient dans tout ça. Le budget prévoit la location d'un nouveau camion incendie auprès du CGER (41 000 $) et on doit ajouter deux bornes sèches afin de respecter le schéma de couverture en sécurité incendie. On répare deux gros ponceaux dans le rang 6 (50 000 $). Notre quote-part à la MRC Abitibi augmente de 15 000 $. On double l'abat-poussière à la suite de plaintes des citoyens. On prévoit 30 000 $ pour embaucher une ressource en loisirs», énumère-t-il.
Lisez nos deux articles précédents sur la situation des eaux usées à Landrienne:
Eaux usées: une inertie qui coûte cher à trois municipalités (1er novembre 2011)
Assainissement: Landrienne ne pourra terminer cet été (31 mai 2011)

