La Ville d'Amos a en effet repris le jeudi 12 avril la consultation qu'elle avait amorcée le 19 mars, sur les projets de règlements visant à modifier le zonage et le plan d'urbanisme pour permettre l'installation de 74 maisons unimodulaires (qu'on appelait autrefois des maisons mobiles) dans la partie nord du Domaine BelleVie.
«Nous sommes là pour prendre les questions pertinentes de tous. Nous allons ensuite nous faire une tête lundi prochain et prendre notre décision lors de la séance du conseil municipal en soirée», a fait savoir le conseiller municipal Sébastien D'Astous, chargé de présider l'assemblée de consultation.
Pour tous les portefeuilles
Après les explications de Josée Banville, directrice du Service de l'urbanisme à la Ville, sur les changements proposés, le promoteur Clément Houle, de la société immobilière C2V3, a de nouveau expliqué son projet et les raisons du changement demandé.
Il a d'abord rappelé son souhait d'offrir des propriétés pour tous les portefeuilles, précisé que le quartier des maisons unimodulaires n'occupera que 10 pour cent de la superficie totale du Domaine BelleVie. Il a insisté sur le fait que ce quartier sera en quelque sorte isolé des résidences unifamiliales, notamment celles du quartier voisin du Domaine Bellevue, tout en s'harmonisant dans le nouveau développement.
Appuyé par un évaluateur agréé, en la personne de Martin Roch, et des simulations visuelles pour montrer à quoi ressemblera le quartier, il a aussi fait valoir que la présence de ces maisons unimodulaires ne devrait normalement pas affecter à la baisse la valeur des autres résidences du secteur.
Positions inchangées
Mais la trentaine de personnes présentes à l'assemblée, pour la plupart des résidents du Domaine Bellevue, sont demeurées campées sur leurs positions. Elles ont de nouveau évoqué l'impact de la présence de ces maisons unimodulaires sur la valeur de leurs propriétés, mais aussi de la présence de 74 résidences sur la circulation dans leur paisible quartier.
Une pétition de 102 noms s'opposant au projet a été déposée. La citoyenne qui l'a remise affirme que seulement trois personnes parmi celles qu'elle a rencontrées ont refusé de la signer. Elle affirme ne pas avoir eu le temps de faire le tour de tout le quartier.
Le promoteur Jean-Pier Frigon, qui travaille à l'agrandissement du parc de maisons unimodulaires déjà existant, a quant à lui tenté de défaire l'image que tente de projeter M. Houle du futur quartier. Il a présenté des photos de maisons mobiles d'une vingtaine d'années prises dans les parcs de quatre villes de la région. Il estime qu'elles vieillissent plus vite et plus mal, en raison des budgets souvent limités des gens qui les habitent. «Mon opinion personnelle, c'est qu'elles devraient toutes être dans le parc de 250 nouveaux terrains qui s'en vient», a-t-il déclaré.
Créer un précédent?
Présent, l'ancien conseiller municipal Léandre Paré, qui n'habite pas le secteur, a pour sa part manifesté la crainte de voir la Ville créer un précédent en permettant au promoteur de développer un nouveau secteur pour les maisons unimodulaires.
«Je pense que vous aller créer un précédent et que si ensuite vous avez une demande pour un tel quartier dans Amos-Est, vous aller avoir bien du mal à le refuser. Ma crainte, c'est qu'on se retrouve soudain avec trois parcs de maisons unimodulaires à Amos», a-t-il déclaré.
Voyez notre article précédent sur le sujet: Des citoyens ne veulent pas de maisons unimodulaires dans le Domaine BelleVie

