«Le conseil poursuit dans la voie de la location du camion de pompier (sur 20 ans auprès du CGER), alors que le maire (François Lemieux) a pourtant reconnu, plus d'une fois, que l'achat revenait moins cher», déplore Roland Simard, porte-parole du Comité.
Ce dernier a retapé sur le clou, lors de la séance publique du 17 avril, avec l'appui de plusieurs des quelque 80 citoyens présents. Il a par ailleurs informé le conseil qu'une requête avait été envoyée au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, pour exiger la tenue d'un registre.
«Tout engagement financier de la municipalité pour une période de plus de cinq ans doit obtenir l'approbation du ministre. Et celui-ci peut demander l'ouverture d'un registre, afin de permettre aux citoyens de se prononcer. C'est ce qu'on lui demande», explique M. Simard.
Pas complètement fermé à l'achatLe maire Lemieux insiste sur le fait qu'on peut difficilement comparer le coût de location au coût d'achat dans ce dossier. On ne tiendrait alors pas compte de plusieurs éléments, dont une certaine quiétude au niveau de l'entretien du véhicule et de ses équipements spécialisés.
«L'achat est une option valable. On l'avait d'ailleurs considérée avant de prendre notre décision, mais ce n'est pas celle qu'on a choisie», rappelle-t-il, disant s'être notamment appuyé sur les bons commentaires reçus des municipalités de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or qui louent leurs véhicules auprès du CGER.
«Toutes les démarches sont faites (la dernière a été entérinée par le conseil le 17 avril), mais la commande n'a pas encore été passée, précise François Lemieux. Si le ministre nous impose un registre et que 86 personnes viennent le signer, on va devoir aller en référendum. Avec tous les délais que cela viendra nous occasionner, on devra peut-être revoir notre décision.»
Plus d'agent de développement«Le dernier héritage que veut laisser un conseil, c'est une communauté profondément divisée» - François Lemieux
Par ailleurs, le Comité de citoyens salue la décision du conseil municipal de ne pas embaucher un agent de développement cette année, une économie de 25 000 $ dans le budget de fonctionnement de la municipalité.
«C'est la première réponse positive que l'on reçoit à nos demandes. Mais on demeure très insatisfait sur l'ensemble. On n'aime pas la façon dont se prennent certaines décisions et les réponses qu'on obtient par la suite quand on pose des questions», affirme Roland Simard.
Éviter les profondes divisionsPour sa part, le maire Lemieux estime qu'il n'était plus opportun, dans le contexte actuel, de créer ce nouveau poste. «On ne voyait pas comment cette personne aurait pu faire son travail de façon constructive dans le climat qui règne en ce moment», déclare-t-il.
M. Lemieux a par ailleurs salué le climat plus respectueux dans lequel s'est déroulée la séance du 17 avril, comparativement à celle du 2 avril, à laquelle il avait dû couper court.
«On vit dans une démocratie et il est normal d'avoir des divergences d'opinions. Mais il faut apprendre à se les dire sans se mépriser, sans s'haïr. Et je suis prêt à prendre ma part de responsabilités dans ce qui est arrivé. Je veux maintenant travailler pour rapprocher notre monde. Le dernier héritage que veut laisser un conseil, c'est une communauté profondément divisée. Les problèmes qu'on vit en ce moment vont se régler un jour et on va ensuite devoir vivre ensemble», a-t-il plaidé.

