L’époque où la 911 était seul maître à bord est bel et bien révolue. La très dispendieuse et très puissante Panamera se fait un peu plus accessible (J’emploie le mot prudemment) avec un nouveau modèle à moteur V6. Mais est-ce vraiment encore de l’exotique ?
Même gueule
Je sais que beaucoup de choses ont été dites au sujet de la silhouette peu orthodoxe de la Panemera. De carrément laide à écrasée en passant par mal dégrossi tout y est passé. Personnellement, je trouve qu’elle a le mérite de se distinguer des autres grandes berlines allemandes qui ont toutes cet air de grosse limousine corporative. C’est vrai qu’elle ne peut être qualifié de jolie, mais croyez moi une fois derrière le volant on oublie très vite ce qu’il y a à l’intérieur. De plus, ceux qui optent pour un modèle V6 ont exactement la même voiture que les modèles à moteurs V8.
Une mécanique Porsche
On sait que la collaboration est très étroite entre le groupe Volkswagen et Porsche pour la technologie et les mécaniques. Mais contrairement au Cayenne, qui emprunte son moteur V6 au Touareg, la Panamera profite d’une mécanique maison. Ce moteur à 90 degrés est un dérivé des V8 des versions S et Turbo. Il fait aussi 3,6 litres et développe 300 chevaux. Porsche a mis l’accent sur le confort pour cette version d’entrée de gamme. La boîte PDK à sept rapports est d’une souplesse remarquable et permet des économies de carburant surprenantes. Ainsi, lors de ma semaine d’essai, la consommation est demeurée sous la barre des 11 litres aux 100 km, très impressionnants. Naturellement, avec un V6 plus tranquille sous le capot, vous n’aurez pas droits aux envolées lyriques qui caractérisent bien les V8 lorsque l’on sollicite l’accélérateur. Le son du moteur demeure assez neutre. Il faudra vraiment taquiner la pédale de droite pour lui trouver un timbre plus sympathique.
Il en est de même face au chronomètre. Ca pousse, mais sans excès. La Porsche Panamera V6 est néanmoins capable d'atteindre les 259 km/h et de parcourir le 0 à 100 km/h en 6,3 secondes, assez pour perdre son permis rapidement.
La Porsche familiale
Sobre et de bon goût, la planche de bord a quelques similitudes avec le monde de l'aviation. Notamment avec cette multitude de touches qui ornent la console centrale. Après un léger temps d'adaptation, ce choix de Porsche s'avère très intuitif. Pas besoin en effet de se perdre dans des menus fastidieux. Outre la finition, le maintien des sièges est excellent, le confort est à la hauteur et l'espace s'avère généreux.Bonne surprise également au chapitre coffre avec un volume de 445 litres, valeur qui peut être portée à 1.250 litres en rabattant la banquette. Au rayon des équipements, on trouve l'essentiel : jantes de 18 pouces, assistance au stationnement arrière, régulateur de vitesse, autoradio 100 W, climatisation automatique deux zones. Il faut souligner que cette Panamera demeure un strict 4 places avec 4 sièges baquets, mais qui assurent un confort de première qualité. L’insonorisation à bord répond aux critères d’une grande berline et malgré ses 1 730 kilos, elle répond au doigt et à l'œil aux injonctions du pilote. La direction est ultra précise et le freinage quasi indestructible.
Belle prestation
De par son format (4,97 mètres de long pour 1,93 m de large) il faut aborder les petites épingles avec prudence. Cette voiture est plus à l’aise sur les longs rubans d’autoroute. Après quelques minutes au volant, il n’y a pas de doute, cette Panamera V6 est une vraie Porsche. Sans avoir le coup d’accélération des modèles V8, elle offre la même précision de conduite, le même aplomb et la même construction d’un seul bloc que les autres Porsche.
Conclusion
Cette Panamera à 88 000$ est une excellente entrée en matière pour cette grande berline de luxe qui sort des sentiers battus. Les plus sportifs seront peut-être un peu déçus par le manque de oumph ! du moteur, ils apprécieront la sobriété et découvriront que les 300 chevaux sont capables de donner de belles émotions.
Forces
Châssis exceptionnel
Sportive et habitable
Consommation raisonnable avec le pied léger
Très bonne boîte PDK
Faiblesses
Une ligne qui ne fait pas l’unanimité
Faible visibilité périphérique
Le son du moteur manque un peu de caractère
Fiche technique
• Moteur
• (Base)
V6 3,6 DACT, 300 ch à 6200 tr/min
Couple 295 lb-pi à 3750 tr/min
Transmission manuelle robotisée à 7 rapports
0-100 km/h 6,3 s 4RM 6,1 s
Vitesse maximale 259 km/h 4RM 259 km/h
Consommation (100 km) 11,4 l (octane 91)
Émission de CO2 5382 kg/an
Litres par année 2340 l.
Coût par année 2620 $
• Autres composantes
Sécurité active freins ABS, répartition
électronique de force de freinage, assistance au
freinage, antipatinage, contrôle de stabilité
électronique
Suspension avant/arrière indépendante
Freins avant/arrière disques
Direction à crémaillère, assistée
Pneus: P245/50ZR18 (av.),
P275/45ZR18 (arr.)
• Dimensions
Empattement 2920 mm
Longueur 4970 mm
Largeur 1931 mm
Hauteur 1418 mm
Poids 1730 kg
Diamètre de braquage 11,9 m
Coffre 445 l, 1263 l (sièges abaissés)
Réservoir de carburant 80 l
Prix : 88 0000$
Benoit Charette est copropriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut aussi l’entendre tous les vendredis à 14 :05 dans l’émission Dutrizac l’après-midi au 98,5 FM à Montréal.

