«Notre financement provient de dons, alors on vit des périodes creuses. Cette année, on a gratté les fonds de tiroir, confie la directrice des JMM de Kitcisakik, Chantal Archambault. Avec cette subvention, on va moins arracher les murs.»
La directrice parle même de consolidation des activités de l’école. «Ça ne payera pas tout, mais ça assure la continuité du projet et même sa bonification. Chaque année, on espère toujours en faire plus et, avec cet argent, on pourra, estime-t-elle. On cherche d’ailleurs une personne pour se joindre à notre équipe (elle et l’enseignante Geneviève Binette) afin d’offrir des activités parascolaires pour parfaire les connaissances musicales des enfants le soir.»
«La jeunesse représente 75 pour cent de cette communauté algonquine qui fait face à de nombreux problèmes sociaux. Lui venir en aide est donc une priorité pour nous», indique pour sa part le ministre Geoffrey Kelley dans un communiqué.
La missionEn plus d’apprendre différents instruments (flûte, tamtam, xylophone, ukulélé, etc.) à une soixantaine d’enfants de la maternelle à la sixième année, cette école vise à stimuler le sentiment d’appartenance à l’identité autochtone, le lien au passé et les traditions, entre autres.
«La musique demeure le médium utilisé pour travailler l’estime et la connaissance de soi. Par les spectacles, les enfants soudent des liens, vivent des moments précieux et positifs. Grâce à la reconnaissance du public, ils se construisent intérieurement et ont plus de motivation scolaire», croit Chantal Archambault, qui allie ses études en psychoéducation à sa carrière comme auteure-compositrice-interprète.
Les enfants ont donc des cours de musique à raison de trois à quatre heures par semaine par groupe, et ce, dans leur horaire scolaire. «Certains suivent des cours de yoga ou de gumboots, on fait aussi des activités culturelles le vendredi et des activités dans le bois. Nous avons une belle latitude. Ainsi, la communauté s’approprie l’école, comme lorsque les enfants ont fabriqué des tambours en peau d’orignal, durant près de six mois», précise la directrice.
Un besoinIl existe cinq écoles de Jeunes musiciens du monde, dont celle de Kitcisakik, instaurée en 2008 dans cette communauté de moins de 500 habitants. Il s’agit d’un besoin essentiel, selon Chantal Archambault.
«Les enfants ont du plaisir, surtout lors des deux gros spectacles, l’un à Noël et l’autre à la fin de l’année scolaire, à Québec ou Montréal. On les gâte, assure la directrice. On voit une différence dans la communauté. Les choses évoluent lentement, à petits pas, mais c’est essentiel.»
Pour voir des vidéos ou en apprendre sur les JMM: http://www.jeunesmusiciensdumonde.org, onglet écoles, Kitcisakik.

