Dans cet ouvrage d’abord publié par la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or en 2002, puis réédité par les Éditions du Quartz cette année, on traite de l’incendie survenu le 24 avril 1947, où 12 mineurs ont perdu la vie.
«Le livre va en ordre chronologique, à partir de quelques heures avant le début de l’incendie, jusqu’à l’enquête du coroner. Je parle aussi de Leonard Armstrong, qui a risqué sa vie pour sauver des mineurs. Le jour où il devait recevoir la Médaille de la bravoure du Gouverneur général du Canada, il ne devait pas travailler sous terre. À cause d’un malentendu, il s’est retrouvé là et la cage lui est tombée dessus. Il est mort», raconte M. Massicotte.
Des changementsMême si en gros il s’agit du même livre, des éléments ont été changés. On retrouve entre autres 16 pages de photos, totalement absentes de la première édition.
Les gens verront les visages de certaines victimes, de leur famille, des édifices de Malartic présents dans l’histoire, des découpures de journaux, et même des images des funérailles des mineurs. «L’église avait brûlé quelques mois auparavant, donc après le salon funéraire, les camions de la municipalité ont amené les cercueils dans le sous-sol de l’école Renaud», relate l’auteur.
Un livre inspiréPour s’inspirer, Gilles Massicotte a fouillé les souvenirs et les documents de la tragédie. L’écriture de cet ouvrage a duré deux ans.
«J’ai parlé aux familles des victimes, au conducteur qui amenait les mineurs au travail. J’ai aussi feuilleté les journaux de l’époque, un document écrit par un mineur qui a découvert les corps et le rapport du coroner», énumère l’écrivain.
Son travail comme patrouilleur, gestionnaire et enquêteur à la Sûreté municipale de Val-d’Or, de 1970 à 1988, l’a aussi motivé dans ses recherches. «Même si je viens de Malartic, c’est plus mon travail comme enquêteur qui m’a poussé à m’intéresser à cette histoire. Je m’attarde aux détails, souligne M. Massicotte. Dans mes recherches, on a appris que les corps flottaient sur l’eau les mains jointes et les genoux pliés. On peut peindre le portrait de leurs derniers instants, agenouillés devant la bouche d’aération qui les tenait en vie.»
Toucher tout le mondePour cet auteur récipiendaire du Prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue et Prix Jeanne-Lalancette-Bigué en 1998 pour son livre Liberté défendue, sur Spirit Lake, son ouvrage sur la East-Malartic touchera tout le monde. «Pas juste les mordus d’histoire, mais comme il s’agit d’un roman avec des personnages qui ont vécu ou vivent encore, ça va accrocher les gens», estime Gilles Massicotte.
Ce dernier tient d’ailleurs à procéder au lancement de la deuxième édition à Malartic, où les événements sont survenus. «Daniel Gagné va interpréter La Complainte des mineurs, de Paul Brunelle. Celui-ci était en tournée lors de la tragédie et avait été touché par cela», conclut l’auteur.

