Même s’il n’est pas nécessaire de lire les deux premiers tomes pour comprendre l’histoire, l’écrivaine valdorienne suggère aux lecteurs de jeter un œil au moins au 2e livre (ceux de la terre) pour bien suivre l’histoire du dernier.
«J’ai volontairement terminé le 2e tome en laissant les lecteurs sur leur faim. Le 3e tome résout des disparitions et Oona découvre ses véritables origines. Elle est Micmac, relate Anne-Michèle Lévesque. Pour bien saisir ce peuple, j’ai demandé l’aide de Romeo Saganash. Les valeurs des Algonquins et des Micmacs se ressemblent. J’avais une liste de questions et il a pris le temps de me répondre», explique-t-elle.
Comme les deux premiers tomes ont été classés best-seller au Québec, avec 13 000 exemplaires écoulés l’an dernier, l’auteure n’a même pas à s’inquiéter pour la fin de sa trilogie. Les lecteurs suivront.
L’histoireCe roman se déroule dans les années 1950. On retrouve des personnages connus, dont Damien, Oona, et Paul-André, à l’esprit dépareillé et nomade, avide de richesses culturelles. Leur univers s’entremêlera avec ceux de la forêt, dont Hannah, la femme-aux-herbes. Des péripéties, des tragédies et du bonheur sont au programme de ce troisième livre.
«Les événements historiques sont authentiques. Je fais des recherches pour mes livres, mais j’arrive à mettre de la fantaisie, car j’utilise des lieux fictifs. Je m’amuse à trouver des noms comme le rang du Pendu, ou un personnage nommé Désiré Desbiens», rigole celle qui signe ici son 31e livre depuis sa première publication, en 1992.
La discriminationOutre le goût de raconter des histoires, Anne-Michèle Lévesque a profité de l’écriture de sa trilogie pour passer un message contre la discrimination raciale.
«Les villageois de Roches-Noires traitent les autres de sauvages. Mais je veux montrer que, même si les coutumes ne sont pas les mêmes, ce sont des êtres humains. Pas des sauvages. Leurs coutumes sont une richesse», croit l’écrivaine.
Ses projetsAvec la fin des aventures des Enfants de Roches-Noires, l’auteure a quand même plein de projets en tête. «J’aime beaucoup le fleuve. Ma prochaine histoire va peut-être se situer dans ce coin. J’ai aussi proposé l’idée d’un fantôme qui a peur de son ombre aux Éditions Z’Ailées, pour un roman jeunesse. Mais l’histoire n’est pas encore écrite», précise-t-elle.
À l’automne, un autre projet verra peut-être le jour, mais rien n’est défini pour le moment. «Il s’agirait d’un projet multidisciplinaire, avec un ou plusieurs écrivains, et un artiste en arts visuels. Peut-être un sculpteur», indique Anne-Michèle Lévesque.

