En effet, on savait déjà alors, après la sixième représentation, que le spectacle aura fait salle comble ou presque à ses douze présentations, du 16 juillet au 8 août.
«Seule la première soirée (16 juillet) n'a pas été jouée à guichets fermés, mais il ne manquait que six personnes pour avoir nos 45 spectateurs. Le bouche-à-oreille semble avoir fait le travail par la suite, s'est réjoui Bruno Turcotte, qui est derrière cette création avec sa conjointe, Véronique Filion, tous deux des Productions du Raccourci.
«Ça fait trois ans qu'on travaille là-dessus, a-t-il poursuivi. On a l'expérience de ce qu'on aime voir comme spectacle et les gens aiment ce qu'on aime voir. Alors on n'est pas si surpris que ça du succès. Mais nous en sommes très contents. Hier (24 juillet), nous avons même dû refuser une trentaine de personnes.»
Personnages et anecdotes
Le succès de ce circuit historique théâtral ne devrait pas surprendre les gens qui y ont participé. Le parcours d'environ 3 km dans les rues d'Amos, qui prend son départ à la Maison Authier et qui se termine au parc de la Cathédrale, avec de nombreux arrêts (Quai Desjardins, centre-ville, ancien palais de justice, etc.) est parsemé d'anecdotes aussi fascinantes qu'amusantes - et parfois dramatiques! - sur les débuts de la ville pionnière de l'Abitibi.
Le tout est raconté habilement par différents personnages historiques locaux, allant du père de l'Abitibi, Hector Authier (maire, député, agent des terres, etc.), au Dr André Bigué (premier médecin) en passant par le curé Dudemaine, les hommes d'affaires Émery Sicard et Ivanhoé Frigon, le maire David Gourd, les pionnières Albertine Chalifoux (Turcotte) et Alexina Godon (Croteau), et bien sûr, le guide Amos DesEskers.
Excellente distribution
Ils sont campés par une excellente distribution de près d'une vingtaine de comédiens, amateurs et professionnels, de tous les âges. «Ce sont pour la plupart des comédiens qui émanent des ligues d'impro. En fait, ce sont pratiquement tous des gens qu'on a formés», a souligné Bruno Turcotte.
Ces comédiens se sont d'ailleurs bien approprié leurs personnages. C'est le cas notamment du jeune guide Amos DesEskers personnifié par Véronique Filion, du Capitaine Yergeau (Monsieur le Capitaine!) interprété par David Ebacher, Émery Sicard joué par Sylvain Caouette et d'Albertine Chalifoux incarnée par Marie-Ève Guindon. Pour ne nommer que ceux-là.
Tout y passe
Quant aux histoires et anecdotes d'Amos, tout y passe, même certains ragots! On va de l'arrivée des Turcotte en canot sur l'Harricana jusqu'à la fondation du diocèse et de la Caisse populaire en 1939, en passant par l'emprise d'Hector Authier (maire, député, agent des terres, etc.), la construction de l'église devenue cathédrale, le Camp Spirit Lake, le transport sur la rivière, les feux, la prospérité économique des débuts, la crise des années 1930, la construction du premier hôpital, la condamnation à mort d'Émilien Tremblay et l'Ordre du mérite agricole remise pour une première fois à une femme, Alexina Croteau. Le tout ayant reçu la bénédiction de la présidente de la Société d'histoire d'Amos, Carmen Rousseau.
C'est beaucoup de contenu et le circuit se négocie en un peu plus de deux heures, mais la façon de raconter l'histoire allège le tout. Il est aussi fort agréable de constater toute l'interaction des personnages que les visiteurs recroisent tout au long du parcours.
Le circuit historique théâtral d'Amos a son site internet: www.amosvousraconte.com.

