À Amos, une quinzaine de tracteurs de ferme ont perturbé la circulation dans les deux carrefours giratoires de la route 111 qui donnent accès au centre-ville, de 10h à 13h. Une trentaine d’agriculteurs étaient sur place pour exprimer leur mécontentement, manifestant notamment devant les bureaux régionaux de la Financière.
«Ce qu’on dénonce, c’est l’attitude de la Financière dans le dossier de la sécurité du revenu des agriculteurs. Les mesures de resserrement annoncées l’automne dernier, qui consistent à retirer du calcul les 25% des producteurs les moins productifs en termes de coût de production en 2011, vont entraîner une diminution de 5 M $ dans l’aide aux agriculteurs de la région. C’est beaucoup d’argent dans le contexte de la crise que l’on vit depuis 2001 et qui a été accentuée en 2003 par la crise de la vache folle», a indiqué Simon Simard, un producteur laitier de St-Mathieu-d’Harricana qui est aussi vice-président de la Fédération régionale de l’UPA.
Aucune ouverture
En éliminant du calcul les fermes les moins productives, la Financière ferait ainsi baisser le coût de production moyen utilisé pour déterminer les sommes à allouer aux agriculteurs dans le cadre de l’Assurance de stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Les producteurs s’opposent à cette nouvelle mesure, mais disent ne recevoir aucune écoute de la Financière.
«Ils n’ont aucune ouverture. On espère que maintenant qu’il est de retour, le ministre Claude Béchard va mettre de l’ordre dans son ministère (de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation), a affirmé Simon Simard. Ils n’ont pas besoin de resserrer les mesures. Il existe déjà un plafonnement de l’assurance au niveau provincial qui serait bien suffisant.»
«C’est tout un pan de l’agriculture régionale qui va tomber.» - Simon Simard
«C’est tout un pan de l’agriculture régionale qui va tomber, a poursuivi M. Simard. Tout ce qui va rester, c’est des agriculteurs à temps partiel. Nous sommes la région du Québec qui a la plus forte proportion de producteurs d’animaux qui vivent de l’agriculture. C’est pour ça que ça nous frappe aussi fort.»
Inefficace
Les agriculteurs dénoncent aussi l’inefficacité de la Financière dans sa façon de gérer ses propres modifications apportées en 2008 dans la façon de compenser avec l’ASRA.
«Avant ça, c’était sur le nombre de vaches, maintenant c’est sur les gains de poids des veaux. Sauf qu’ils ne sont même pas capables de gérer ça. Ils nous demandent d’être plus efficaces, alors qu’eux sont le symbole de l’inefficacité. Ils font plein d’erreurs dans les calculs», relate Simon Simard.
Assurance récolte
Les griefs des agriculteurs concernent aussi les modifications apportées à l’assurance récolte. «On est passé d’un modèle d’échantillonnage avec des fermes partenaires à un ordinateur qui fait des calculs à partir de dérivées climatiques. On essaie de nous faire croire que les années 2008 et 2009 ont été bonnes pour le foin, alors que 2008 a été catastrophique. Et en 2009, oui a eu des bons volumes de foin, mais pas de qualité du tout, ce qui a beaucoup augmenté nos coûts de production dans le laitier», a déploré Simon Simard.
Selon l’UPA, la région dénombre 700 entreprises agricoles et en a perdu 100 en dix ans.

