L'entreprise d'économie sociale détourne en effet chaque année de l'enfouissement plusieurs tonnes d'objets et de vêtements toujours utilisables. Elle les revend à prix modique, venant ainsi du même coup en aide aux personnes parfois moins bien nanties.
«Pour l'année qui vient de se terminer, au 31 mars, nous avions un taux de récupération de 82 pour cent, ce qui est très bon. Pour 186 tonnes de matériel reçu, nous en avons rejeté 34. Mais en ce moment, on doit jeter la moitié de ce que l'on reçoit. On juge donc important de lancer un appel à population. Il nous faut des vêtements propres et en bon état», a indiqué la directrice générale Francine Maltais.
Environ 75 pour cent des matières que la Petite Boutique reçoit sont du textile. Elle en revend la majorité à très faible prix. Elle récupère aussi le coton pour en faire des chiffons et des guenilles très prisés par les garages et ateliers de mécanique.
«Mais si le coton est souillé, plein de peinture ou de trous, on ne peut rien faire avec. Les gens les achètent pour se laver les mains et non pour se les salir. Nos chiffons font 12 pouces par 12 pouces, alors il faut disposer d'un bon carré de cette taille sur la pièce de vêtement», rappelle Caroline Simard, chef d'équipe en montrant de nombreux exemples de vêtements troués ou tellement sales qu'il n'y a rien à faire avec.
Une prothèse dentaire!
«On reçoit beaucoup de déchets, poursuit-elle, en montrant cette fois-ci une vieille prothèse dentaire et une brosse à dents (!). Les gens pensent sûrement bien faire, croyant sans doute qu'on peut les réutiliser. Mais on n'a pas l'équipement ici pour laver les vêtements. On ne reprise pas les bas. On va réparer un bouton si la pièce en vaut vraiment peine.»
La Petite Boutique comporte aussi un volet bazar depuis quelques années, qui comprend des meubles et des électroménagers. Là encore, il faut minimalement que les dons soient réutilisables. «On n'a pas de services de réparation. On ne peut même pas essayer les laveuses, sécheuses, fours ou lave-vaisselle», précise Caroline Simard, dont l'équipe de tri comporte sept employées.
Via Facebook
Afin de sensibiliser davantage la population, la Petite Boutique utilise aussi sa page Facebook. Elle y présente des exemples en photos de ce qu'elle peut récupérer et surtout, de ce qu'elle ne peut recycler.
«On ne veut surtout pas que les gens arrêtent de nous apporter du matériel. On veut simplement pouvoir consacrer tout notre temps à notre mission», a rappelé Francine Maltais.

