«Le MRAR, c’est un peu mon bébé, mais c’est aussi lui qui m’a mise au monde. Je n’avais jamais parlé en public. J’ai gardé tous mes discours dans un tiroir chez moi. Ça m’a donné l’occasion de foncer et ça m’a montré que je pouvais réussir, comme dans le bon vieux dicton Si tu veux, tu peux. J’avais probablement ça en moi, avec mon père (Laurier) qui est entrepreneur, mais c’est avec le MRAR que ça s’est exprimé en premier», se souvient celle qui est notaire depuis 20 ans, dont les 10 dernières à son propre compte.
Marie-Josée St-Laurent a présidé les destinées du MRAR de 1992 à 2002, soit après le départ de Richard Dubuc. «Il ne restait alors plus que Judith Corriveau, qui représentait la Société de développement Harricana, René Dostie qui était de la SADC et moi, qui ne représentais aucun organisme. On m’a donc confié la présidence», se souvient celle qui a aussi fait de la politique comme conseillère municipale.
Présidence dont elle avait été écartée en 2002, en raison de son âge, elle qui avait dépassé les 35 ans. «J’étais prête à continuer», déplore-t-elle encore huit ans plus tard.
De bons souvenirs
Marie-Josée St-Laurent garde de très bons souvenirs de ces années formatrices. Elle relate avec une étincelle dans les yeux sa participation à l’émission spéciale L’or et la forêt, animée par Jean-François Lépine et diffusée au Point de Radio-Canada.
«C’était à l’été 1993. Je représentais les jeunes au sein d’un panel avec le ministre Raymond Savoie, le député François Gendron, le maire André Brunet, Guy Lemire, etc. On m’écoutait comme jeune», se souvient celle qui voue encore un grand respect pour MM. Gendron et Brunet, qui avaient défendu avec ardeur la cause du MRAR.
Un bémol
Elle rappelle aussi le colloque régional Être jeune, c’est grand ainsi que le prix provincial Ultralait Énergie remporté par le MRAR, sans compter ses nombreuses implications en tant que présidente de l’organisme. «Je siégeais sur 13 conseils d’administration à un moment, dont la moitié à titre de présidente. On était reconnus comme organisme jeunesse et on était écoutés», raconte-t-elle.
D’ailleurs, c’est son seul bémol relativement à ce qu’est devenu le MRAR au fil des ans. «On avait beaucoup de projets d’intégration à l’époque, pas tous heureux, mais il y en a même qui seraient encore d’actualités, comme celui des habitations à loyer modique pour les jeunes. Le MRAR, c’était plus que de la gestion ou de l’administration de programmes gouvernementaux qu’aujourd’hui, il me semble. Je les invite à fouiller les archives en ce 20e anniversaire. Mais je suis très heureuse de voir que le MRAR continue toujours, 20 ans plus tard», précise-t-elle.

