«Il me semble que je ne réalise pas que ça fait déjà 25 ans. Dans ma tête, je me disais que ça faisait plus de 20 ans, mais j'ai été surprise au Gala Kodiak quand on a souligné que ça faisait 25 ans. J'ai été touchée», a-t-elle confié, lors d'un long entretien au bloc sportif de la polyvalente de La Forêt, lieu qu'elle fréquente depuis encore plus longtemps.
«Je me souviens qu'à 3 ans, mes sœurs (Suzanne et Chantal) m'emmenaient avec elles aux entraînements. J'avais mon petit costume de gymnastique et elles me faisaient faire des mouvements qu'elles voulaient enseigner. À bien y penser, je pense que c'est venu de là, mon goût d'enseigner la gym», réalise-t-elle, 36 ans plus tard.
Dès l'âge de 10 ans, alors qu'elle abandonnait la gymnastique comme athlète, sa grande sœur Suzanne lui a confié un groupe récréatif. Puis, en 1986, alors qu'elle a à peine 13 ans, elle a pris en charge trois jeunes gymnastes compétitives: Julie Sigouin, Marie-Pier Bois et Élise Paiement.
Toutes les fonctionsPar la suite, Josée Nolet a continué d'évoluer au sein du club de gymnastique Kodiak jusqu'à en occuper pratiquement toutes les fonctions. Il y a huit ans, elle a succédé à Régis Paradis comme entraîneur-chef du club qui compte près de 200 athlètes. Cette année, elle a dirigé avec Régis et deux autres entraîneurs les spécialistes et les gymnastes provinciales.
«En les jumelant, nous avions un groupe de 15 gymnastes. On a chacun nos forces, alors à quatre entraîneurs, on a pu en faire bénéficier tous les athlètes. La communication était excellente entre nous. On se réunissait après les pratiques. J'ai beaucoup aimé ça», souligne-t-elle.
Une juge en admirationJosée Nolet œuvre aussi depuis longtemps en tant que juge, une tâche ingrate mais combien nécessaire en gymnastique. Elle a été juge provinciale et juge en chef régionale, là encore dans les traces de sa sœur Suzanne.
«J'ai cessé d'être juge provinciale quand j'ai eu mon premier enfant. Mais j'ai toujours continué au niveau régional. J'aime voir comment les filles sont capables de performer, de réussir leurs mouvements. Elles ont le guts de le faire. Elles sont toutes seules à l'appareil. Je les admire de faire ça. Juge, c'est un rôle ingrat, mais j'essaie de dire à l'entraîneur pourquoi j'ai enlevé des points. Je veux les aider à corriger des choses, pour que l'athlète soit encore meilleure la prochaine fois», fait remarquer cette perfectionniste avouée.
Et l'ironie du sort aura voulu que l'appareil qui lui donnait le plus de fil à retordre et qui l'a poussée à la retraite comme athlète, celui des barres asymétriques, est devenu son préféré. «J'adore les barres, autant comme juge que comme entraîneur. Ça se passe vite, mais je comprends cet appareil. Au Challenge des régions cette année, j'ai trois athlètes qui ont obtenu des podiums aux barres», souligne-t-elle avec fierté.
Le contact avec les jeunesOn le sent bien, Josée Nolet adore la gymnastique comme sport, mais aussi pour les liens qu'elle lui permet de créer avec les athlètes et les autres entraîneurs. Le Kodiak, c'est comme une deuxième famille.
«C'est sûr que j'aime la gym. Quand il y en a à la télévision, je regarde. Si je pouvais aller aux Olympiques, j'irais. Mais ce que j'aime par-dessus tout, c'est le contact avec les jeunes. On développe de belles relations. Je me suis fais inviter au mariage de l'une d'elles. On garde de bons souvenirs et des liens forts», précise celle qui coordonne aussi l'Association régionale de gymnastique depuis plusieurs années.
Une année à la foisJosée Nolet ignore aujourd'hui combien d'années de coaching elle a encore devant elle. Elle avoue y réfléchir sérieusement. «Je prends ça une année à la fois, dit l'enseignante de profession. Il faut avoir du plaisir à le faire. J'ai deux enfants actifs âgés de 5 et de 7 ans. Depuis que j'ai mes enfants, j'ai la chance de pouvoir rester à la maison. Pour moi, c'était important de passer du temps avec eux. J'ai un conjoint très compréhensif et l'aide de ma belle-mère. L'été je décroche complètement et à l'automne, j'ai toujours hâte de recommencer.»

