Les fondatrices, Josée Paradis et Karine Allard, ont voulu permettre aux petites filles de rêver. Vingt ans plus tard, même si les nageuses recrues ne les reconnaissent pas dans les vestiaires, elles se disent, «Mission accomplie».
Josée venait de terminer ses études pour devenir enseignante au primaire lorsqu'elle a commencé avec Les Décibelles. De son côté, Karine complétait son cinquième secondaire.
Elles n'ont jamais manqué d'inspiration pour bâtir cette organisation en cumulant de nombreux moyens de financement, mais aussi en implantant une joie de vivre au sein de l'organisation. «On voit que la philosophie d'avoir du plaisir avant tout est restée. Ce n'est pas rien», fait remarquer la plus âgée du duo.
Faire de son mieuxLes jeunes entrepreneures ont rapidement su faire ce qu'elles pouvaient à partir de ce qu'elles avaient. Sans technique ou expérience précise en nage synchronisée, elles ont développé leur savoir-faire à force d'aller en compétition.
«À un moment donné, il y a des nageuses qui sont devenues assez bonnes, et là, il fallait les amener plus loin, souligne la plus jeune bâtisseuse. On a posé des questions, on s'est interrogées, on a fait des tentatives, ça marchait ou ça ne marchait pas, alors on recommençait et on s'ajustait».
Avec environ 15 nageuses la première année, le nombre a augmenté le printemps suivant, et de fil en aiguille, le club valdorien s'est retrouvé comme étant la plus grosse organisation de synchro au Québec avec plus de cent nageuses.
Des tonnes de souvenirs«On partait en compétition sans aucune pression. Au début, on ne gagnait rien, raconte Josée. La compétition c'était le prétexte pour sortir et on s'arrangeait toujours pour rendre ça agréable».
Faute de résultats satisfaisants, l'instauration de plusieurs traditions a rendu les longs voyages de retour mémorables. Les remises de médailles en chocolat, les réunions de pieds, la visite dans une ferme de chèvres et les cérémonies de la toilette parsèment les souvenirs des deux complices.
Malgré quelques mésaventures comme le vol d'une vannette ou être embarré à l'extérieur de son site d'hébergement, le duo ne garde que de beaux moments de cette expérience.
Passer le flambeauLes fondatrices ont passé les deux premières années de club ensemble avant que la nouvelle diplômé n'aille faire ses études en enseignement du secondaire à l'extérieur de la région.
Huit ans plus tard, Josée passait le flambeau à Karine pendant une année de transition, soit dix ans après les premiers pas du club. Après y avoir mis temps et énergie, cette étape devient couramment la plus difficile.
«C'est comme notre bébé. Quand tu laisses un groupe comme ça, tu ne veux pas que ça l'arrête, maintien Josée. Ça te prend quelqu'un pour prendre la relève, mais aussi quelqu'un qui pense comme toi».
Que Karine prenne le premier relais devenait la plus belle option pour la paire. Quelques années plus tard, c'était au tour de cette dernière de laisser sa place à une personne clé des débuts des Décibelles.
«Les plus vieilles sont rendues à 25-30 ans et c'est encore les plus beaux moments de leur vie. C'est génial de voir que ça continue et que les jeunes sont heureux, a couronné avec émotion Josée sous le regard complice de son amie.

